L’avocature n’est pas un sacerdoce
L’avocature n’est pas un sacerdoce, c'est même un sacrilège.
La profession est sortie de la cote de la sainte Église catholique ; si bien qu'au XIIIème Siècle, Philippe le Bel consacra un corps de métier devant jurer sur les Évangiles et aider gracieusement la veuve et l’orphelin.
À présent, la gloire de la plupart est de dégobiller en cour d'assises la plaidoirie la plus longue, sans vraiment considérer sa pertinence ; ou de défendre le trafiquant dont la performance est évaluée au tonnage de ses importations (lequel devrait plutôt envisager de changer de vocation… puisqu'il finira au trou).
À présent, nous jurons sur la très peu sacrée loi républicaine dans sa quintuple abstraction : « je jure d’exercer avec dignité, conscience, indépendance, humanité et probité ».
C'est vague.
Ici, chaque mot est une déesse hécate, une polysémie en règle où l'acception de chaque terme varie selon les époques ; et cette allitération en « é » porte une bien molle tautologie…
À une époque où l'on glorifie la rhétorique (l'art de dire le vide, mais de bien le dire) et le storytelling (l’art du mensonge bien ficelé qui tend à se satisfaire), le blasphémateur est celui qui porte la toge œcuménique, sans toutefous en porter les saines valeurs.
On en leur reproche de faire des rêves lascifs en se voyant défenseur du clan de Mohamed Amra, tandis qu’ils quémandent des commissions d'office auprès de l'Ordre pour devenir un véritable agent du service public aux ordres des greffes... Ce n'est pas la majorité. Mais laissons la soutane aux religieux !
Nous serions mieux amenés à nous mettre en tenues bourgeoises aux audiences, au moins pour ne pas offenser Dieu le Père : au surplus, pour distinguer l’avaricieux et du modeste, le poseur du humble, et voir, parmi ceux à qui l’ont dira : « vous sortez sans rubans, sans bouffettes et sans ganses », qui répondra : « moi, c’est moralement que j’ai mes élégances ».
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