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Anti-hommage à Jean-Marie Le Pen, hypocrite fini

Je suis contraint de me joindre à la foule des dégénérés, des manants, des tocards qui célèbrent le trépas d'un homme, puisque nous vivons une époque dans laquelle plus rien n'est sacré. Cependant, je n'épouserai point la liesse du plus simple.  Nous devons prendre Jean-Marie Le Pen pour ce qu'il est, et c'est le Prince Murat qui en parle le mieux : il était une parodie d'homme de droite, un pantin, une construction médiatique, aussi certaine qu'un Hassen Chalghoumi, que l'ouvrier Stakhanov et que Big Brother. C'était une espèce de  monomanique, obsédé par les "arbres" et les "noix".  Ce n'est pas la belle droite du Comte de Paris ou de Monseigneur Crépy. Ce n'est pas Bernard Lugan, Joseph de Maistre ou  François de La Rochefoucauld, mais un hypocrite fini qui s'est compromis avec la gauche et les partis dits "de gouvernement". Il fut le parfait laquais de tous ces politiciens de carrière sous-instruits et su...

« Le bonheur partagé est-il divisé ou doublé ? » ; ou Montréal et l'art de la flatterie servile

Il faut distinguer, mon capitaine.  Le bonheur est la joie qui dure, qui dure et qui dure…  Comme celle de discourir devant cette noble assemblée !... Et devant ce jury de renom !  Le bonheur... n’est pas que le silence de la douleur.  C'est, par exemple, l'enivrement, l’émerveillement, le plaisir, l’extase continu de me retrouver en terres canadiennes :  De vos vastes plaines, taiseuses et verdoyantes, à vos villes aux tours immenses qui trônent sur le monde avec élégance, mais sans grandiloquence ;  De la majesté de vos cerfs à votre digne feuillage de lys et d'érables ;  De vos dames accueillantes qui ne dédaignent jamais une perspective d’accouplement à l’infinie gentillesse de votre population...  Car vous êtes bien aimables, chers Canadiens ; ce n'est pas un cliché !  Vous êtes si gentils que même votre faune vous imite, puisque sur la route qui va d'Ottawa à Montréal, j’ai été salué par trois ours bruns, deux caribous et un lombric....

Lettre à Florence : Je préfère Naples

Signore e signori, Cari città di Firenze, ti saluto.  Non,  chère Florence, tu ne mérites pas de discours en italien.  Puis j'ai besoin de ma langue natale pour décrire ton insolente beauté : de la finesse de tes vierges au marbre blanc au cloitre de Santa Croce ; aux statues des grands mythes homériques de la Seigneurie ; au David de Michelange, dont le pubis, le phallus, le pénis semble dormir pour avoir été trop célébré... ; de la Vénus païenne que Botticelli fit naitre des anges... aux rosaces de la cathédrale Sainte-Marie-de-la-Fleur, qui semblent se mouvoir dans le temps immobile, sous un dôme dominant aux pierres rouges.  Si je te tutoie, chère Florence, c'est parce que nous nous connaissons bien. Deux années ont passées depuis mon dernier passage, et tu ne t’es toujours pas débarrassée de tes touristes espagnols, ni de tes voyageurs solitaires en mal d’affection. Deux années après m’avoir présentée, au détour du hasard, au sommet de l’inattendu, celle qui aur...

J’ai connu mieux

J’ai vu les merveilles de Rome et d’ailleurs. J’ai voyagé. Je me suis étroitement lié aux populations que j’ai visitées. J’ai connu la fausse pudeur asiatique et la chasteté feinte de l’Italienne, fraiche, chrétienne, humide, comme la tulipe sous la première rosée du printemps. Elle est à la fois pleine d’amour et de contrition, puisqu’elle réclame des fessées. J’ai surtout connu ma préférée, la Wisigote, l’ardente, la romantique aux hanches agiles. Quand vous ne faites qu’un avec elle, et qu’elle plonge son regard dans le vôtre, vous pouvez vous y voir, car  ses pupilles reflètent la flamme naissante d’une passion dévorante.  Et lorsque sous ce foudre vous mollissez, vous la voyez se  tortiller d’extase pendant trois parfaites minutes, avant que  le coeur ne vous confisque votre vigueur … J’ai aussi ressenti la  grâce d'un esprit bien fait et foisonnant, que reflète une voix, un corps, un visage sublimé par une chevelure d'un naturel estival . Sa musique vous c...

Le véritable éloge de la Folie

Le véritable éloge de la Folie n’est pas dans le brulot d’Érasme. L’Hollandais n’a fait que se servir de la dé-raison pour pondre un traité de morale chrétienne plus ou moins subversif.  Subversif puisqu’il  s’en prend aux ecclésiastiques ; moins subversif, quand il attaque les faux dévots, ces petits clercs décadents qui profitent de la protection de leur statut. En somme, c’est le procès de Tartuffe. Le véritable éloge de la Folie consiste plutôt à honorer le Marquis de Sade et les génocidaires, puisqu’ils nous ont montré ce que de pire l’humain peut faire (quoique l’on soit tous les jours surpris). La belle folie, c’est celle de Nerval qui se perd entre la vita nuova de Dante et le souvenir de l’être aimé, finissant de danser avec les élohims au commencement des temps. C’est tout homme qui mélange ses sens, qui voit avec ses oreilles et entend avec ses papilles. C’est voir des couleurs qui n’existent pas dans des formes impossibles. Tant de mouvements imprévus et imprévibl...

Joies et délicatesses de la Cour d'assises ; ou les cinq journées d'un procès pour vol aggravé

Vous serez soufflés par ce récit. Pour certains, la Cour d'assises est une machine à "broyer les pauvres".  Mais pas du tout !  Tout procès est une fête, la célébration du droit et de la dignité humaine, lors duquel les  parties se comportent entre-elles avec courtoisie et délicatesse. Illustration. Jour n° 1 - Vous êtes défendeur d'un des accusés et vous allez à la rencontre du camp adverse Vous avez le dossier et votre stratégie en tête.  Il s'agit de demander l'acquittement.  L'accusé l’est en raison d’un cambriolage violent (coups, ligotage...). Il est accablé pour ce motif avec deux autres personnes. Vous savez que les victimes de ces faits odieux sont fortunées et représentées par un ténor d'un barreau d'une grande ville, et par un autre avocat un peu moins fameux.  Vous arrivez en salle d'audience. Le chauffage est trop présent et la lumière très froide. L'heure est aux présentations. Courtoisie first .  Le ténor daigne vous saluer ...

La Légende dorée de Cardi B

Cardi B est née à New-York de mère et de père inconnus. Abandonnée à la naissance, elle a été retrouvé sur une banquette du Burger King du croisement entre West Side et la 4ème Avenue. Recueillie par la famille Coulson, elle sera prénommée Stéphanie.  Malgré la bonne volonté des Coulson, foyer honnête et chiche, Stéphanie était d’un naturel rebelle. Bien souvent, elle fugua. En grandissant, elle découvrit les plaisirs faciles de la chair et fit commerce de son corps. Sur le trottoir, elle rencontra un jeune auteur de musique rap qui l’initia à cet art délicat. Alors la jeune catin à la voix forte fit de son compère son parolier, et prit le nom de Cardi B, en référence à une bouteille d’alcool qu’elle avait vu par terre. Lors des fades années 2010, les « lyrics » franches et crues de la jeune Cardi n’emportèrent pas les coeurs. Puis vint le tournant instruit par les Paris Hilton, Kim Kardashian et les tenanciers de l’abstraction « Me Too », qui érigèrent en majesté le sexe féminin e...

Tom Ripley n’est pas un mec sympa et voilà pourquoi

«   Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul » nous dit l’Ancien testament. Il n’est pas bon non plus d’être pauvre. Ripley est une série Netflix, et j’admets que j’ai végété comme un connard pendant cinq heures devant un putain d’écran, plutôt que d’avoir lu les livres de Patricia Highsmith. Mais j’ai tout de suite été vendu quand il s’est agi de voir l’Italie, en noir et blanc certes, pour connaitre l’histoire de mecs qui ont quitté leur banlieue de merde de New-York pour inclure un peu de beauté dans leurs vies.  Eh oui. « La beauté sauvera le monde » disait Dostoïevski (et c’est bien la seule phrase que j’ai lue de lui). Mais la beauté ne sauvera pas l’un de ces deux gars, puisque le plus riche d’entre eux (Dickee) se fera trucider par le plus pauvre (Tom Ripley). Bon… Pas de grandes phrases ici. C’est du Netflix, et ça verse dans le  social justice. Tom est le misanthrope ultime. Il a du talent et aucune éthique. Donc l’escroc typique. Tom a saisi l’occasion de part...

Italie versus Canada ; confrontation d'un titan et d'un nain (Guide de voyage, part. II)

On ne saurait trouver pays plus opposés.  L'Italie a une histoire qui remonte aux Étrusques et aux premiers peuples de Latium.  Le Canada a trois siècles d'histoire depuis que quelques marins, qui cherchaient soie, safran et femmes à six bras, se sont perdus en haute mer. L'Italie est née de l'épopée d'Énée, fils de Vénus, et du sacrement de Rémus et de Romulus. Le Canada est née de... Je ne vous fais pas de dessin. Rappelons juste que c'est plus de 150 000 petits amérindiens qui ont disparus dans les "pensionnants autochtones". L'Italie a inspiré les plus grands dramaturges, Shakespeare, Corneille, Fellini... Le Canada inspire Xavier Dolan. La grosse botte met donc de sacrés coups de savate au grizzly.  Un grizzly édenté qui n'a ni pied, ni tête et qui vit la véritable expérience orwelienne.  Le Canada brille par son nombre excessif de normes qui régit, non plus des individus, mais des agents économiques. "Vous devez donner 15% de pourboi...

N’allez jamais en Italie (Guide de voyage, part. I)

Ne foutez jamais les pieds en Italie. Vous y verrez des gens beaux et élégants, des professionnels diligents et pragmatiques. Vous verrez que Monica Bellucci est une beauté standard dans la moyenne des femmes de ces contrées. La finesse des visages et des corps rejoint la finesse des sculptures au marbre blanc, et les gracieuses mosaïques des cathédrales.  Des alpes de Lombardie aux eaux claires de Sardaigne, pas un carré de terre et de mer n’a échappé à la bénédiction des dieux.  « La religion s’est mal, sa fait des guerres ».  Pauvre andouille ! La Chrétienté a donné l’ordre, l’art, les basiliques et l’Italie ! Certes, le très païen l’Empire romain a formé un territoire (sans la Gaule et Carthagène), mais la Chrétienté a fait la nation italienne, une société traditionnelle, droite et intransigeante.  Ses statues pieuses et hédonistes rappellent à l'Italien qui il est, et d'où il vient. Et il n'a guère besoin d'un projet Manhattan pour se sentir puissant et victorie...