Articles

Deux voix qui n'appartiennent qu'aux anges

Certaines voix s'élèvent dans la pénombre, et lèvent les brumes les plus denses. E lles percent d'une note le sombre nuage, avec un  rayon clair et étincelant.  Tel est l'apanage de la voix de William "Smokey" Robinson. Son timbre est d'un miel si doux que l'on n'est jamais certain de le mériter. Mais il est à nous, il nous appartient ce récit sublime d'un jeune qui, entrant à l'âge adulte, reçoit des leçons de sa mère pour qu'il trouve celle qui l'accompagnera pour le reste de sa vie.  Elle nous est adressée, à nous, dans un linge cousu de fil d'or, cette complainte du déçu qui a connu une brève rencontre, mais d'une passion si intense qu'il en sera marqué pour la vie. Mais cet oasis de Palmyre, toutes ces marques d'affections ne sont qu'un souvenir, et peut-être n'était-ce qu'un mirage... Alors, nous avons le Smokey mélancolique qui nous tapote l'épaule et nous dit "pas d'inquiétude, cela arriv...

Dans la tête de Willard Carroll Smith Jr.

 « Jada, je t’aime. G.I. Jane 2, j’ai hâte de voir ça. Tu vois ! » Excellente vanne, Chris ! On se bidonne fort ce soir, quel humo-...  Mince. Ma bourgeoise n’a pas l’air contente.  Carrément excédée même.  Et moi, sacrée buse des familles, j’ose m’en payer une bonne tranche.  Que dire ? Que faire ?  La dame est plutôt tendue depuis 3 mois à cause de sa calvasse. Elle va pas en mourir certes, mais c’est le divorce qui me pend au nez là. Les enfants sont grands, et elle a toutes les raisons de se barrer.  Oh mince.  Pension alimentaire, prestation compensatoire, frais d’avocat... Et elle risque de garder la maison dans les Hamptons. Zut. J’aime trop cette baraque.  Elle va demander la garde des labradors .  OH MINCE. *Arrêt du son et de l’image* *Se lève, marche tout droit, colle une mandale au comique, et retourne s’asseoir* Oh punaise. C’est vraiment arrivé. Maintenant joue-la super en colère, comme dans Bright. Souviens-toi : visage fe...

The French Dispatch : un ultime chef-d’oeuvre bien détestable

Wes Anderson est un auteur fabuleux, le plus bel écrivain de son art. Doué pour l’imagerie, il s’est emparé du cinéma pour tenter d'offrir le visuel idoine à ses idées fantasques. Exemple,  The French Dispatch (2021) :  - Owen Wilson a vélo traversant une ville de France, tout en parlant du temps qui passe. Conclusion : les choses ne changent pas tellement... - Benicio Del Toro, artiste torturé en prison, se met à peindre pour Adrian Brody, galeriste condamné pour fraude fiscale. Le col blanc est alors intéressé par la valeur que les tableaux prendront . Conclusion : l’art doit être exprimé, et bien sûr dévoilé pour que l'artiste atteigne la gloire éternelle. - Timothée Chalamet, une sorte de révolutionnaire sorbonnard de mai 68, veut soulever les foules avec un manifeste. Ainsi, le protagoniste se fait aider par une écrivaine chevronnée, incarnée par  Frances McDormand ; mais ce sera un échec... Conclusion : l’oeuvre doit sortir du coeur, des tripes, même si elle est sal...

Comment bien choisir son avocat ?

Comme diraient quelques plaisantins, si tu serres la main à un avocat, tu as intérêt à recompter tes doigts.  Certes, l'avocat est coûteux, mais blâmons plutôt le législateur, ce vilain lutin qui sort de son chaudron tragique des normes obscures et peu nécessaires, rendant omniprésent le risque judiciaire. Gardons seulement à l'esprit qu'un  bon avocat peut vous faire débourser 3 000 pour vous faire gagner 30 000.  Encore faut-il bien le choisir.  Explications. 1/ Optez pour un avocat qui connait son sujet Si un avocat vous affirme savoir "tout faire", alors c'est à une chèvre à qui avez affaire. En ce sens, la pratique du droit pénal se marie mal avec celle du droit de la responsabilité médicale ; et la pratique du droit de la famille est à mille lieu du droit du travail.  Vous n'iriez pas voir un podologue pour une méningite.  Donc veillez à c e que votre avocat ne soit pas de ceux qui surestiment leurs compétences. Il doit justifier d'une "domi...

Paris, ville du démon

Ô Paris, Ville impie. Ton sol sent les chiottes, Enragées sont tes chariotes ; Sur un passage piéton passer, C’est risque de trépasser. Sur leurs trottinettes électriques, Tes citadins sont pathétiques. Ils nous doublent comme des fripouilles, Car hâtés de rentrer se tirer la nouille. Le parisien est un branlotin. De son logeur il est la catin. Ainsi nulle affaire ne lui parait meilleure, Que d’offrir le tiers de son salaire à un bailleur. Ô vieux propriétaire, Approche-toi, que je t’enterre. Trois mois pour réparer la chasse ? Fils de pute et chien de la casse. De jeunes sots tu soutires les deniers, Alors qu'à vil prix tu acquis au siècle dernier. Ô grand singe flétri, si pingre et si mourant,  Que comptes-tu faire de tout cet argent ? Ô parisiens, âmes sombres et corrompues, Vos discussions feraient pâlir un bar PMU. De même, près de la Maison Bosc, L’indignité te mène au kiosque, Pour prendre des articles en photo, Alors que tu gagnes trois mille euros, Et que tu acquiers ton m...

Un simple désert de verdure

Je me déplace lentement dans un champ de plantes dont il m'est impossible de connaitre la moitié des variétés. Chaque pas au fond de mes chaussures montantes fait basculer le feuillage jonché par les fines gouttelettes de la rosée matinale. Ma battue solitaire est si exaltante que j'en oublierais que la marche est un déséquilibre permanent. Je suis au centre d'un champ de chlorophylle, source sublime de vie. J'en serais presque désolé de souiller la nature par ma seule présence. Toutefois, ce sillon est nécessaire à ce que je puisse rebrousser chemin et m'orienter vers ce doux chalet, pas plus grand que la taille d'un dé à coudre, mais dont le confort triomphe sur celui du moindre logis citadin.  Je progresse vers la plaine. Les immenses Rocheuses sont derrière moi. Elles m'entourent et me protègent.  Sous ma veste en treillis, je cache ma chemise à carreaux rouge et noire ; un habit d'une mode intemporelle qui est pourtant d'un coloris trop vif pour...

Mon projet totalitaire pour la France

En 2022, plus personne ne croit en la démocratie. Le vote porte à la candidature des mollusques et des morues qui espèrent faire don de leurs corps à la France, alors que la science n'en même voudrait pas.  Qu’à cela ne tienne, nous avons les dirigeants que nous méritons.  D’ailleurs, nous savons que si, vous, vous étiez au pouvoir vous seriez sans dout e un horrible tyran.  Ne faites pas l’innocent. Vous connaissant, vous ne toléreriez aucune conduite qui sortirait de votre petit idéal ; et il en va également de ma personne.  Donc, c'est fort de l'honnêteté que j'entretiens envers vous, et envers moi-même, que j'exposerai mon projet résolument totalitaire pour la France. 1. L'armée pour les improductifs Tu es majeur et tu joues trop à Fortnite ? À l'armée. Souffre, cher Kevin, que « l’e-sport » n'est pas vraiment un sport.  Tu envoies des messages sur Snapchat ? À l'armée. Tu te prétends expert en quelque chose sans en avoir la compétence ? À l'...

Guide de survie en milieu professionnel hostile

Votre employeur est un fumier non fini et votre entourage professionnel consiste en une bande de zombies  ? Voici quelques conseils qui pourraient changer votre vie.  1/ Restez obséquieux, en toutes circonstances En principe, envers votre employeur : pas de familiarité, ni reproche. Mettez les formes. Vous avez une remarque à faire sur sa gestion pitoyable des affaires courantes ? Mettez les formes. Vous voulez lui glisser une petite insulte ? Mettez les formes. Feignez-vous de prétéritions et de formules hypocrites qui font loi dans les petits milieux parisiens, comme : "si je peux me permettre" ; "à mon avis" ; "sans vouloir polémiquer" ; "si je comprends bien" ; "à vrai dire, j'ai une vision assez différente de la situation"... Vous comprenez l'idée. Cette petite chose qu'est votre "supérieur" doit être ménagée.  Retenez que, légalement, vous aurez du mal à contester un licenciement qui procéderait d’injures de ...

Le Procès

Dans une forêt sombre, une figure décharnée gît sur le sol. Elle est enveloppée dans une sorte de drap blanc, et quelques rayons de soleil se frayent un chemin dans le feuillage pour  éclairer son visage cadavérique .  Soudain, deux voyageurs aperçoivent le corps au loin. Ils s'en approchent, mais ce visage répugnant et ses mains de volailles glacent d’effroi ces deux gaillards et prennent la fuite. Un peu plus tard, c'est trois hommes en uniforme qui finiront par retrouver la figure, et ces gens d’armes reconnaîtront bien vite ce personnage. Inerte, mais bien vivante, la chose sinistrée dégage malgré tout une grande puissance, et les hommes de son escorte sentiront cette force ; ils la ressentiront dans leurs chairs, elle en excitera chaque atome, et tous en étaient étourdis. Sur le chemin de l’abri, nul ne lui avait adressé la parole, mais tous savaient son nom. Quelques jours plus tard... La vieille chose décrépite se retrouve dans une immense salle boisée et parée de dorur...