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Mes excuses à Elon Musk ; ou le panégyrique d'un contrit

Après une diatribe plus salée que les quatre mers, je souhaitais présenter mes plus âpres regrets à Elon Musk (ainsi qu’à toute sa très sainte et très digne communauté).  Il y a peu, j’eus le tort d’affubler Monsieur Musk de vilains quolibe ts ;  « d'infâme  »  et de  «   coquin »,  de « rat musqué », « d'animal sans pattes »,  de « vigoureux flibustier »,  de « saltimbanque de clocher », « d’amuseur de cabaret »,  de  « pontife du boniment », et  également de « serpent vertébré »,  de « drôle », de «   subtil colimaçon »,  de « fumier chimiquement pur », de « semi-lapin de garenne »,  de  « fils de pute à la mode »,  de « galante de la finance », « d’eunuque des hôtes de ces bois », « d'ultime chien maigre devant l’Éternel »...  Aussi reprocherais-je à Elon Musk d’être le sodomite des petits porteurs. Mais si l’Autiste lumineux manipule les cours des cryptopièces (et plus récemment le c...

La (presque) indicible sagesse de Everything, Everywhere, All at Once

Qui, contemplant les flétrissures de son visage, n’a pas regretté sa vie ? Ce visage est le siège  de vos mille possibilités. Mais chaque pore apparait désormais comme  un désert aride.  Et au gré des mouvements du temps, vous vous retrouvez, vous ne savez comment, sur une dune ardente. Ainsi vous voici  encerclé par des figures à bâtons dentelés et aux identités dissimulées par le mistral d'airain. Puis à la retombée de la tempête ensablée,  vos assaillants se révèlent : un rejeton en crise, un époux indolent, les impôts au séant, un commerce prenant... Et malheur !  Ce désert est toute votre vie. Et tout va trop vite, tout est énervant, nulle pensée audible, sauf cet écho incessant qui survient  dans l'intervalle lucide d'un destin tristement dément : « Quelle existence pitoyable je mène... mes choix ont-ils été si désastreux ? ».  Dès lors, vous avez envie d’altérer vos perceptions,  être air et liquide, paradis et enfer,  devenir un ...

Sur la façon de lire un poème ; ou un petit éloge de la lenteur

Faire un travail exquis, plein de crainte et de charme, Faire une perle d’une larme  .... Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie ; Écouter dans son coeur l’écho de son génie ; Alfred de Musset, Qu'est-ce que la poésie ? Nous le voyons ici : la poésie est danse, mélodie et harmonie. En quête de la sonorité parfaite, l’auteur joue de la syllabe comme d'une note, du mot comme d'un geste, puis toute la phrase se met en mouvement dans un assaut de vives  lumières . Aussi, qui sait lire un poème pourra, à la faveur des bruissements de son coeur, s'étonner ensuite d’exprimer ses sentiments avec grâce et acuité. Ainsi la poésie stimule un imaginaire qui est sans cesse agressé par le vulgaire, et elle nous rend plus réceptifs aux plus subtils détails. La lire, c’est alors vivre une jouissance toute particulière. Quelques principes sont ainsi à observer. 1/ Savoir s'arrêter sur chaque mot De grâce, prenez votre temps. Pour illustrer cette nécessité, prenons ce poème d...

De la nécessité de lire Bossuet

On en conviendra, ce monde est une véritable poubelle (sauf Oslo qui est propre comme une écuelle). Mais consolons-nous parce qu'il a existé - certes il y a fort longtemps - des auteurs au style le plus rare et le plus pur. Parmi eux, le très haut et le très talentueux Jacques-Bénigne Bossuet. Le fameux évêque de Meaux, fils de magistrats, a été assez fin pour saisir, grâce à Saint Augustin, l'importance de l'éloquence du message religieux. Ainsi allait-il apprendre des pièces de Corneille.  De Bossuet, les panégyriques des princes et rois sont d'un style redoutable, clair et beau. Les phrases sont longues, mais elles donnent au sujet un flamboyant tel qu'elles paraissent légères. Ainsi de l'oraison funèbre de Louis II de Bourbon, cousin de Louis XIV et éminent Général :  "Mettons ensemble aujourd’hui, car nous le pouvons dans un si noble sujet, toutes les plus belles qualités d’une excellente nature ; et, à la gloire de la vérité, montrons dans un Prince a...

Ralentir le temps

« Le temps passe beaucoup trop vite ! », ou la grande phrase de l’adulte qui de sa montre est le captif. Cette victime de son temps est torpillée par son besoin d’attraper son train, remplir sa feuille d’impôt avant minuit, répondre aux sollicitations digitales de ses 30 millions d’amis... Quelle malédiction !  Quelques techniques existent toutefois pour éviter à vos dorsaux le fouet d'un système qui vous pousse sans cesse au lucre et à la cupidité. Donc, ci-après, trois conseils (seulement) finissant  sur de la bonne vieille philosophie  néo-stoïcienne allemande. Autant dire que l'on est bien loin du copywriting de Linkedin... 1/ Marcher et embrasser la dissidence authentique Dernière de nos libertés : mettre un pied devant l’autre sans but particulier. Et pour être dissident : marchez lentement ! La marche stimule le flux de pensées, tout en le ralentissant et l’organisant. Marcher nous donne la sensation d’être libre et guidé, lorsque l’on se sent asservi et égaré. ...

Frappé par la foudre

Mon ciel clair-obscur,  Si calme et si froid,  Las de mes fêlures,  Resta longtemps coi. Mais d'une cymbale, J'implorai un signe,  Qu'ennui déplorable,  Soit une vie insigne. Puis l' astre amical,  Oyant ma complainte, M'offrît muse affable. Haute comme la jacinthe, Joyeuse comme Ishtar, Dont les yeux brillants, Eurent mes heurs fuyards. Près de ses pommettes, Tout pleines d'étoiles, Son doux regard d’ange, Vit le plain boréal. Puis le ciel me fit louange,  D’ouvrir  l'éclair magistral. De sa main saisissant la mienne,  Et d'un baiser avec ses lèvres ambrées, Elle m'amena dans l'Éden, Et illumina ma passion enténébrée. Envouté par son sourire affectueux,  Ma poitrine vint joindre son sein ; Et mon coeur jadis maussade et taiseux, Osa répondre au sien.

La science du droit, grande obligée de la finance

La science du droit ne pense pas, ne pose pas de question. Elle écarte ses moeurs et se laisse percer par divers intérêts financiers. Cette science se limite à expliquer la façon de rédiger et d'organiser des normes. Cela dans un seul but : dire ce qu'on peut faire, et ce qu'on ne peut pas faire. Point . Fin du cours. Bravo, vous venez de valider votre L1 Droit.  Ainsi que tout juriste, le législateur est lobbytisé jusqu'à la moelle. Son travail peu éreintant est de produire de la norme douce et non-contraignante pour la classe dirigeante : la caste commerçante. À son profit, des tribunaux de juges non-professionnels, de l'arbitrage mou dans les litiges entre les grosses et petites entités, des transactions peu dissuasives en matière de délits financiers... En réalité, le secteur bancaire, fort de ses  abondantes  liquidités, serre la bride au politique . Ainsi peut-on affirmer sans risque que  la loi n'est plus l'expression de la volonté générale depuis au ...

Le droit de la propriété du XXIème ; ou un retour au fouet et aux chaines en acier

Nous sommes en temps de paix et nos abjects gouvernants savent que vous adorez votre confort et abhorrez l'effort. Vous êtes de la majorité demeurée qui achète son Marvel en VOD, son Elden Ring sur STEAM et d'autres applications à la Dofus ou à la Clash of Clans (en sus de bonus payants pour les plus lobotomisés). Mais vous êtes heureux. Et pas question de vous interroger sur les causes de la raréfaction de la matière. Pas question de raisonner et d'imaginer que l'industriel n'a plus aucun respect pour vous. Car acheter des matières premières et les façonner, cela lui coûte bien trop cher. Vous coûtez trop cher. Vous ne méritez pas l'artisanat. L'époque de l'artisanat est même morte. Morte et enterrée ; et enfouie bien plus profondément que l'énorme tête de ragondin en rut que le politicien se met dans la terre, dès qu'on lui parle bien commun, vie décente et services publics opérationnels. Il en va de même de vos joyeusetés numériques. Ce que le...

La boulangerie, ou le dernier sanctuaire de la sympathie

Bien qu'enclavés dans le béton de nos illusions brisées, la boulangerie nous offre autre chose que les miasmes de ce monde. Pour nous, chiens fous à la poursuite du temps, le saint des saints nous guide par l'odeur du pain, et nous détourne du vain. Une marche, ou deux, et nous voici hors de nos caveaux pour vivants. Alors vous traversez un croisement de carioles enragées, forçant à regarder deux fois à droite et trois fois à gauche, pour éviter de trépasser sous les roues d'un taxi malavisé .  Suivez alors la douce odeur du blé grillé qui grandit à chaque pas vers le sanctuaire, étincelant dans un centre-ville gris, haut de forme, sans coeur et sans âme. Passez cette double-porte vitrée et cristalline qui laisse entrevoir des baguettes fines et tannées, et d'autres qui sont larges et enfarinées.  Voici quelques personnes en tabliers noirs qui s'agitent dans un ballet de la passion de la chose bien faite. De calmes lumières d'un jaune clair subliment la dorure d...

La symbolique du Christ

Notre époque est d’un ennui  mortel, et le vide culturel abyssal. Nos intelligences se meurent de la gloire faite au corps et à la matière, alors qu'elles sont besoin  de transcendance. Toute personne un peu curieuse, pas ou peu croyante , s'interroge d'instinct  sur l'origine de l'univers, sur le sens de la vie et sur notre sort à la mort.  Aucun réponse n'est à ces questionnements ne sont nettes et définitives, mais doit-on pour autant sans remettre seulement à la science, qui ne décrit que le perceptible ? Ne devrions-nous pas nous rapporter à nos sensations et nos sensibilité ? C'est en ceci que la théologie est intéressante, puisqu'elle nous relie à nos penchants naturels pour la  vitalité, l’esthétique et à la sérénité. Aussi la symbolique du Christ est une ouverture fascinante pour percer les grands mystères de l'univers. LE CHRISTIANISME :  LA PUISSANCE ESTHÉTIQUE ET LA FORCE DOCTRINALE Pourquoi le Christ est si connu ? Ce nom est entré dans ...